À l’École des Chiens Guides Aliénor Aquitaine, chaque chien guide est entouré d’une équipe engagée, discrète mais essentielle. Parmi ces métiers de l’ombre, celui d’animalière joue un rôle clé dans le bien-être, l’équilibre et soins quotidiens des futurs chiens guides.

Romane fait partie de ces personnes qui œuvrent chaque jour pour que les chiens grandissent dans les meilleures conditions possibles. Elle nous ouvre les portes de son quotidien, entre passion, apprentissage et engagement.

Photo montage avec Romane, animalière en formation à l'école des chiens guides aliénor aquitaine

Un an au cœur de l’association

Romane a rejoint l’École des Chiens Guides Aliénor Aquitaine il y a tout juste un an, en décembre, à l’occasion d’un service civique. Une expérience qui a rapidement dépassé toutes ses attentes.

« Je savais que j’allais faire des choses intéressantes, mais je ne pensais pas découvrir autant de facettes du métier et de l’association. »

Très vite, elle découvre la diversité des missions : le travail auprès des chiens, l’observation des éducateurs, les actions de sensibilisation, notamment avec Pascale, animatrice pédagogique. Une immersion complète dans l’univers des chiens guides.

Un service civique riche et formateur

Le service civique de Romane est marqué par un encadrement bienveillant et une vraie transmission des savoirs.

À l’école, les animaliers ne se contentent pas de s’occuper des chiens : ils apprennent, observent, comprennent.

« Les moments avec les chiens, le médical training, les sorties, le brossage, tout est très formateur. »

Cette diversité permet de saisir l’importance de chaque détail dans le parcours d’un futur chien guide.

Le médical training : soigner dans la coopération

Parmi les pratiques qui ont marqué Romane, le médical training occupe une place centrale.

Il s’agit d’une méthode basée sur la coopération volontaire du chien lors des soins.

« Au lieu de forcer un chien pour lui soigner une otite ou une conjonctivite, on lui laisse le choix de participer. »

L’objectif est clair : rendre le soin positif, apaisé et respectueux.

Un chien consentant est un chien plus serein, plus confiant… et mieux préparé pour sa future mission.

Une journée type bien remplie

Le quotidien d’une animalière est rythmé et exigeant.

À l’École des Chiens Guides Aliénor Aquitaine, les journées s’étendent de 9h à 19h30.

La matinée débute par l’entretien du chenil dès que les chiens partent travailler en ville : nettoyage des box, vaisselle, caniveaux.

Les chiens restés sur place sont sortis, occupés et stimulés.

En fin de matinée, place à l’administratif : gestion des placements, échanges avec les familles d’accueil, mails, appels.

L’après-midi est consacrée au cœur du métier :

  • sorties,
  • jeux,
  • médical training,
  • brossage,
  • repas (un moment clé de la journée),
  • puis une dernière sortie avant la fin de journée.

Un lien étroit avec les familles d’accueil

Les animaliers sont également le premier point de contact avec les familles d’accueil.

Ce sont eux qui les accueillent chaque lundi et vendredi, et qui organisent les placements, notamment pendant les vacances scolaires.

Romane explique aussi le rôle des familles relais, qui prennent temporairement le relais lorsque les familles d’accueil ne peuvent pas garder le chien.

Cette organisation fluide est essentielle pour assurer la continuité du bien-être des chiens.

Romane a elle-même accueilli un chien chez elle, le temps d’une nuit.

« C’était un jeune golden très curieux, qui mettait un peu les pattes partout ! »

Une expérience qui illustre la réalité du terrain, faite d’adaptation, de patience… et de beaucoup de tendresse.

Une vocation née d’une opportunité

Avant l’école, Romane travaillait en intérim et se consacrait à la photographie animalière.

C’est une amie qui repère l’annonce du service civique et l’encourage à postuler.

« Quand j’ai été prise, j’étais vraiment aux anges. Je ne regrette absolument pas. »

Ce choix marque un tournant décisif dans son parcours.

Du service civique au CDI

Après son service civique, Romane remplace une collègue en CDD pendant trois mois.

Aujourd’hui, elle s’apprête à signer son CDI en tant qu’animalière.

Une évolution rendue possible par l’apprentissage sur le terrain, sans parcours scolaire classique.

« Le service civique a été une vraie opportunité pour me former et évoluer jusqu’au CDI. »

Des liens uniques avec les chiens

S’occuper de plus de vingt chiens par semaine crée forcément des affinités.

« On a tous nos petits chouchous, même si on les aime tous autant. »

À l’école, les chiens sont traités avec une attention particulière : jeux, sorties, mastication, moments de détente… tout est pensé pour limiter le stress et favoriser leur épanouissement.

La mastication : un besoin essentiel

Romane insiste sur l’importance de la mastication, souvent méconnue du grand public.

« C’est un besoin fondamental pour le chien. Cela leur permet de se détendre, de libérer leurs émotions. »

Un équilibre indispensable pour des chiens qui travaillent beaucoup.

 

Un métier riche de sens

Ce que Romane aime le plus dans son travail, c’est la richesse humaine et professionnelle.

Elle découvre de nombreux métiers liés au handicap visuel, échange avec des éducateurs, des instructeurs en locomotion, des bénéficiaires.

« On sait pourquoi on fait ce métier. »

Faire partie d’une chaîne de solidarité

Lors des remises de chiens, l’émotion est toujours présente.

« Voir un chien avec lequel on a passé du temps évoluer aux côtés d’un bénéficiaire, c’est très émouvant. »

Romane se sent pleinement actrice de cette chaîne de solidarité qui permet à une personne déficiente visuelle de retrouver autonomie et liberté.

Un mot pour conclure

« Je suis profondément reconnaissante de tout ce que l’école m’a apporté, autant sur le plan personnel que professionnel. Alors simplement : merci à toute l’équipe. »